Wissous à travers les âges

               Wissous vivait essentiellement de la culture de céréales, comme une grande partie de la région du Hurepoix qui était essentiellement agricole. La vigne a également une grande importance dans la commune dont, dès 1284, des écrits signalent la présence. En juillet 1255, l'évêque de Paris met fin au servage contre une imposition, point ratifié l'année suivante par Louis IX. Environ 500 personnes sont citées sur les documents de l'époque. Une grange dîmière est alors construite au XIIe siècle. Elle resta active jusqu'à la Révolution française en étant l'exploitation la plus importante du village et même l'exploitation de ce type la plus importante du pays.
La commune est très marquée par la guerre de Cent Ans avec la destruction de cultures et une importante baisse de la population.

Wissous et les élites parisii de la fin de l’indépendance gauloise

       
Une équipe de l’Inrap fouille actuellement, à Wissous, sur prescription de l’État (Drac Île-de-France) sur l’emprise de l’aéroport Paris-Orly, un important site gaulois. Sur 4 hectares, il est occupé dès l’âge du Bronze final (vers 800 avant notre ère) mais il révèle surtout une puissante ferme datée du IIe siècle avant notre ère.
Le renouvellement des données issues, en particulier, des grandes fouilles préventives de ce type conduites par l’Inrap a transformé en profondeur les savoirs sur la période gauloise et, à partir du 19 octobre 2011, « Gaulois : une expo renversante », la grande exposition temporaire de la Cité des sciences et de l’industrie, bouscule les idées reçues sur les Gaulois. Ce site en est un bon exemple Wissous.

Un imposant établissement gaulois.

       La ferme, avec plus de 2 hectares, est de dimensions impressionnantes. De plan trapézoïdal, elle est enclose par deux fossés parallèles de 3 m de large et 1,5 m de profondeur.
À l’intérieur de l’enceinte, l’espace est segmenté en deux zones par un énorme fossé rectiligne de 7 m de large et près de 3 m de profondeur. Un tel ouvrage, mobilisant des subsides et une main-d’œuvre importante, au sein d’une imposante exploitation agricole, est une marque de puissance, voire de pouvoir. Ce fossé sépare l’habitat, à l’est, de l’espace agricole, à l’ouest.
L’espace résidentiel est occupé par deux bâtiments successifs d’environ 200 m² au sol. De plan allongé et arrondis aux extrémités, ceux-ci sont édifiés à l’aide de poteaux porteurs en bois dont le diamètre suggère qu’ils supportaient au moins un étage. La charpente était en bois, les parois montées en torchis sur clayonnage, la toiture était de chaume ou de bardeaux. D’un format familial c’est néanmoins la demeure d’une élite locale.
Dans l’espace agricole, l’élevage tient une place importante avec des bœufs et des cochons mais aussi des chevaux. Parmi les outils mis au jour, une serpette révèle la culture des arbres fruitiers. Les activités artisanales sont aussi attestées, le tissage par des pesons et des fusaïoles, la métallurgie et la forge par des scories et des parois de four vitrifiées. La ferme, avec plus de 2 hectares, est de dimensions impressionnantes. De plan trapézoïdal, elle est enclose par deux fossés parallèles de 3 m de large et 1,5 m de profondeur.
À l’intérieur de l’enceinte, l’espace est segmenté en deux zones par un énorme fossé rectiligne de 7 m de large et près de 3 m de profondeur. Un tel ouvrage, mobilisant des subsides et une main-d’œuvre importante, au sein d’une imposante exploitation agricole, est une marque de puissance, voire de pouvoir. Ce fossé sépare l’habitat, à l’est, de l’espace agricole, à l’ouest.
L’espace résidentiel est occupé par deux bâtiments successifs d’environ 200 m² au sol. De plan allongé et arrondis aux extrémités, ceux-ci sont édifiés à l’aide de poteaux porteurs en bois dont le diamètre suggère qu’ils supportaient au moins un étage. La charpente était en bois, les parois montées en torchis sur clayonnage, la toiture était de chaume ou de bardeaux. D’un format familial c’est néanmoins la demeure d’une élite locale.
Dans l’espace agricole, l’élevage tient une place importante avec des bœufs et des cochons mais aussi des chevaux. Parmi les outils mis au jour, une serpette révèle la culture des arbres fruitiers. Les activités artisanales sont aussi attestées, le tissage par des pesons et des fusaïoles, la métallurgie et la forge par des scories et des parois de four vitrifiées.

Un mobilier de rejet révélateur

           Fossés et dépotoirs livrent fibules, potins frappés par les Parisii, mais aussi amphores vinaires romaines (Dressel I).
Le rejet d’un mobilier métallique non recyclé est une autre marque de l’aisance des habitants qui ont les moyens de le remplacer plutôt que de remployer le métal.
La forte présence d’amphores vinaires italiennes démontre, elle aussi, la richesse de ces Gaulois qui dès le milieu du IIe siècle avant notre ère importent un vin italien coûteux.

 



  Pièces Gauloises



Les fouilles

Des dépôts cultuels
         Quantité de bucranes de bœufs et de chevaux ont été retrouvés dans les fossés, mais il ne s’agit probablement que de simples rejets dans des dépotoirs. Deux dépôts à vocation cultuel ont, en revanche, été découverts à chaque extrémité du fossé monumental. Le premier se compose d’un ensemble céramique, de potins mais aussi de bracelets en bronze. Le second, actuellement en cours de dégagement, a déjà livré céramiques et potins.
Aucune sépulture n’a été découverte, mais les fragments de deux cranes humains sont présents dans les fossés d’enclos.

         Située sur le territoire des Parisii, à proximité de la voie gauloise (puis romaine) reliant Lutèce à Cenabum (Orléans), la ferme gauloise de Wissous est un site de première importance par son implantation au cœur des réseaux commerciaux de la région, ses dimensions, la variété et la richesse de son mobilier et des métiers qui y sont pratiqués. Première découverte préventive de ce type sur le plateau d’Orly, elle est également remarquable par la durée de son implantation, de la fin de l’âge du Bronze à l’antiquité gallo-romaine. Un mobilier de rejet révélateur
Fossés et dépotoirs livrent fibules, potins frappés par les Parisii, mais aussi amphores vinaires romaines (Dressel I).
Le rejet d’un mobilier métallique non recyclé est une autre marque de l’aisance des habitants qui ont les moyens de le remplacer plutôt que de remployer le métal.
La forte présence d’amphores vinaires italiennes démontre, elle aussi, la richesse de ces Gaulois qui dès le milieu du IIe siècle avant notre ère importent un vin italien coûteux.
Des fouilles ont également démontrées la présence d'une population à l'époque mérovingienne et carolingiennea, mais aussi le probable regroupement des différents foyers de populations vers des lieux uniquesa.Des fouilles ont également démontrées la présence d'une population à l'époque mérovingienne et carolingiennea, mais aussi le probable regroupement des différents foyers de populations vers des lieux uniques.

Au Moyen-âge

         Au XIIe siècle, l'église Saint-Denis est bâtie et sera au début du XXe siècle classée aux monuments historiques.Au XIIe siècle, l'église Saint-Denis est bâtie et sera au début du XXe siècle classée aux monuments historiques.



  L'église de Wissous

 



  La vie de sainte Barbe fresque de l'église de Wissous. Datée du XVIè siècle.

Cette fresque dédiée à sainte Barbe est l'un des rares exemples de peinture murale en l'Île-de-France. Elle comporte des inscriptions en caractères gothiques qui permettent une datation précise, et des personnages sont vêtus suivant la mode en vogue sous le règne de François Ier. Six panneaux subsistent d'un ensemble probablement plus important à l'origine. Les trois panneaux supérieurs représentent le père de sainte Barbe, Dioscore, menaçant sa fille qui demande le baptême, Dioscore poursuivant sa fille aidé par des bergers, et Dioscore faisant frapper sainte Barbe par un bourreau. Les scènes sont séparées par un arbre. Les trois autres panneaux représentent, de droite à gauche, sainte Barbe ayant regagné sa tour et exhortant son père et un garde, la sainte donnant une bourse à deux mendiants, et sainte Barbe recevant d'un ange la palme, emblème du martyre, alors que les cieux s'ouvrent. Jusqu'en 1880, la fresque est couverte de plâtre. Elle porte également des traces de coups attribuées à l'époque de la Terreur. Cette fresque dédiée à sainte Barbe est l'un des rares exemples de peinture murale en l'Île-de-France. Elle comporte des inscriptions en caractères gothiques qui permettent une datation précise, et des personnages sont vêtus suivant la mode en vogue sous le règne de François Ier. Six panneaux subsistent d'un ensemble probablement plus important à l'origine. Les trois panneaux supérieurs représentent le père de sainte Barbe, Dioscore, menaçant sa fille qui demande le baptême, Dioscore poursuivant sa fille aidé par des bergers, et Dioscore faisant frapper sainte Barbe par un bourreau. Les scènes sont séparées par un arbre. Les trois autres panneaux représentent, de droite à gauche, sainte Barbe ayant regagné sa tour et exhortant son père et un garde, la sainte donnant une bourse à deux mendiants, et sainte Barbe recevant d'un ange la palme, emblème du martyre, alors que les cieux s'ouvrent. Jusqu'en 1880, la fresque est couverte de plâtre. Elle porte également des traces de coups attribuées à l'époque de la Terreur.

        Wissous vivait essentiellement de la culture de céréales, comme un grande partie de la région du Hurepoix qui était essentiellement agricole. La vigne a également une grande importance dans la commune dont, dès 1284, des écrit signalent la présence. En juillet 1255, l'évêque de Paris mets fin au servage contre une imposition, point ratifié l'année suivante par Louis IX. Environ 500 personnes sont cités sur les documents de l'époquea. Une grange dîmière est alors construite au XIIIe siècle. Elle resta active jusqu'à la Révolution française en étant l'exploitation la plus importante du village et même l'exploitation de ce type la plus importante du pays.
La commune est très marquée par la guerre de Cent Ans avec la destruction de cultures et une importante baisse de la population.Wissous vivait essentiellement de la culture de céréales, comme un grande partie de la région du Hurepoix qui était essentiellement agricole. La vigne a également une grande importance dans la commune dont, dès 1284, des écrit signalent la présence. En juillet 1255, l'évêque de Paris mets fin au servage contre une imposition, point ratifié l'année suivante par Louis IX. Environ 500 personnes sont cités sur les documents de l'époquea. Une grange dîmière est alors construite au XIIIe siècle. Elle resta active jusqu'à la Révolution française en étant l'exploitation la plus importante du village et même l'exploitation de ce type la plus importante du pays.
La ville est devenue une seigneurie (1547-1548). L'évêque de Paris l'échangea avec le Chapitre de Notre-Dame contre la seigneurie de Créteil. Ce transfert à une personne morale permettra une dilution des biens à cause de partages de successions, puisque le chapitre en restera propriétaire jusqu'à la Révolution.
La commune est à nouveau marquée par un conflit, les guerres de religion Son église est notamment pillée par les huguenots.
En 1600, 30 % des exploitants agricoles de Wissous étaient des vignerons et au XVIIe siècle ce chiffre passe à 40 %. Toujours en 1600, la répartition des terres reste très inégale, avec plus de la moitié appartenant au chapitre, le tiers à des propriétaires parisiens et seulement le reste à des agriculteurs de la commune.
La Fronde est une nouvelle période difficile pour la commune et ses habitants. La première école est fondée en 1687.

XVIIIe et XIXe siècles.

           Wissous, à l'écart des grandes voies de passages, profite après la construction d'une route pavée en 1761 de sa proximité avec la route reliant Paris à Orléans. La vigne est à l'époque en net recul. En 1789, signe de l'écart entre les habitants, les registres indiquent que 61% des terres sont partagées par seulement six propriétaires, tandis que 2% le sont par 115a 13.
Entre 1792 et 1797, les biens du clergé sont vendus. Wissous est intégré à la Seine-et-Oise.
En 1815, pendant les Cent-Jours, la commune est occupée par des troupes anglaises.
Le 7 novembre 1824, l'aéronaute Jean-François Dupuis-Delcourt — futur fondateur de la Société aérostatique et météorologique de France — réussit, à partir du domaine de Montjean, la première ascension d'une « flottille aérostatique » expérimentale. Atteignant une altitude de 2 600 mètres, la flottille se posa ensuite à Choisy-le-Roi.
Lors de la guerre franco-allemande de 1870, Wissous est pendant six mois le quartier général d'un état-major d'une division prussienne de 12 000 hommes. La population de la commune se réfugie à Paris.
La culture de la pomme de terre prend de l'importance. L'Arpajonnais, chemin de fer secondaire sur route reliant les halles de Paris à Arpajon et mis en service à partir de 1891, renforce l'essor agricole de la commune.

 



  Le lavoir

Le seul lavoir public qui subsiste sur les quatre autrefois en activité. Il est alimenté par des eaux de sources de Chilly-Mazarin. Canalisée, l'eau continue son chemin vers Rungis. Au IIe siècle, un aqueduc romain la conduisait jusqu'à Lutèce le seul lavoir public qui subsiste sur les quatre autrefois en activité. Il est alimenté par des eaux de sources de Chilly-Mazarin. Canalisée, l'eau continue son chemin vers Rungis. Au IIe siècle, un aqueduc romain la conduisait jusqu'à Lutèce.

XXe et XXIe SIECLES

            Historiquement, la propriété a appartenu au XVe siècle ou XVIe siècle à un noble originaire de Montjean-sur-Loire ce qui lui donna son nom, elle fut propriété du noble Jacques de Beauvais, puis fut habitée par un domestique de Louis XVI d'après l'historien Jean Lebeuf1. Divisée en deux propriétés1, le domaine appartenu au général François de Chasseloup-Laubat et au marquis de Clermont-Gallerande. Le duc d'Aumont y résida également à partir de 1824.


Le château de Montjean

Le château, construit au début du XIXe siècle, servit d'hôpital militaire durant la Première Guerre mondiale avant d'être occupé par les troupes allemande pendant la Seconde Guerre mondiale.

 

La fontaine du château

           Un groupe de soldats préposés à la lutte antiaérienne (DCA) est basé dans la commune, notamment pour la protéger des zeppelins. Lors de l'occupation allemande pendant la Seconde Guerre mondiale, le château de Montjean et le Domaine. Les Étangs sont occupés par des troupes allemandes et la gare de la commune sert dans le cadre de la déportation de prisonniers politiques de la prison de Fresnes.
Une batterie allemande de canons antiaériens sur rail est basée à Wissous
Le 6 février 1944, toujours pendant la Seconde Guerre mondiale, un Boeing B-17 Flying Fortress américain nommé « Hi Jinx » (et apparemment renommé « Old man ») de la 708e escadrille du 447e Bomb Group (désormais 447th Air Expeditionary Group) de la 8th USAAF venu d'Angleterre est touché par une batterie de canons antiaériens, peut-être celle basée dans la commune. L'avion endommagé, le pilote et lieutenant Allen S. Reed blessé, le copilote de l'équipage, le sous-lieutenant Arthur L. Clark, préfère se sacrifier sur une zone boisée de la ville plutôt que de risquer de s'écraser sur les habitations de la ville, pendant que les autres hommes sont tués en s'éjectant en parachute comme le navigateur et sous-lieutenant Thomas G. Wilkins et le sous-lieutenant James A. Campbell. La zone ciblée pour l'atterrissage de fortune, « Domaine Les Étangs », est l'une des plus grandes et anciennes propriétés de la ville.
En la mémoire des aviateurs et grâce aux témoignages des survivants sur l'héroïsme du pilote, elle a été renommée « Domaine Les Étangs - Espace Arthur Clark ». Transformé en parc communal, les allées de celui-ci ont pris le nom de chacun des membres de l'équipage, une plaque commémorative a été posée, un mémorial érigé et une cérémonie est organisée annuellement les 6 février en la mémoire de ces quatre combattants qui avait à leur mort tous à peine vingt-cinq ans. Wissous est libéré le 24 août 1944 par une colonne de la 2e division blindée du général Philippe Leclerc de Hauteclocque et menée par le général Jacques Branet, quelques heures après le départ des troupes allemandes. Néanmoins, trois soldats allemands sont tués et 82 fait prisonniers.
Plus récemment, le domaine aurait servi de décharge à gravats provenant de la construction de l'aéroport puis suite à l'élargissement de l'autoroute qui le longe. L'une des propriétés a été démolie en 1900 et l'autre fut acquise par l'un des membres de la famille Darblay. Dans les années 1950, il servit de centre de formation pour Air France.

                                                                                                                                                      © JOËL MEYNIEL 2015